Une exposition évènement présente, dans le cadre exceptionnel de la grande verrière du Grand Palais à Paris, plus de 500 objets découverts lors de fouilles sous-marines.
Du 9 décembre au 16 mars 2007, la nef du Grand Palais (Paris, VIIIe), sera le cadre d'une incroyable exposition consacrée aux trésors égyptiens déconverts dans le port d'Alexandrie par l'équipe de l’archéologue sous-marin Franck Goddio.
Les visiteurs pourront ainsi admirer des vestiges datant du VIIe siècle avant notre ère au VIIIe siècle après J.-C. : statues monumentales, pièces de monnaie, bijoux, objets de culte… Cette exposition a été présentée à Berlin de mai à septembre 2006 où elle a enregistré des records de fréquentation avec plus de 400 000 visiteurs. Il y a fort à parier que l’édition parisienne connaîtra le même engouement.
Informations : www.tresors-engloutis-degypte.fr
Un particulier anonyme a mis en vente sur un site internet français ce qu'il affirme être des mèches de cheveux de Ramsès II, le plus célèbre des pharaons, déclenchant une enquête policière en France et l'indignation des archéologues.
"Vends mèches de cheveux de la momie de Ramsès II", est-il indiqué dans une annonce du site vivastreet.fr proposant aussi, photos et certificats, de la résine d'embaumement et des bandelettes pour un minimum de 2.000 euros le lot.
Le vendeur affirme être en possession de ces pièces extraordinaires parce que son père faisait partie d'une équipe de scientifiques français chargée d'analyser la momie royale.
Une enquête policière a été lancée en France peu après la mise en ligne de cette annonce, a indiqué l'archéologue français Christian Leblanc, un des meilleurs connaisseurs de Ramsès II.
Il a précisé avoir discuté avec un officier de la police judiciaire de Paris en charge de cette affaire qu'il a qualifiée de "scandaleuse".
Pour M. Leblanc, "il pourrait malheureusement être vrai" que ces pièces soient authentiques. "Si cela est exact, c'est un scandale, c'est lamentable et inacceptable".
Le secrétaire général du Conseil supérieur des antiquités (CSA), Zahi Hawass, a indiqué être au courant de cette affaire, ses services "travaillant sur le sujet". "On verra de quoi il s'agit réellement", a-t-il dit.
Le vendeur s'est seulement identifié comme résidant à Saint-Egrève, en Isère, dans l'est de la France.
Conservée au Musée du Caire, la momie de Ramsès II avait été envoyée en France, il y a 30 ans, pour déterminer les causes du mal étrange qui rongeait le cadavre du dernier grand pharaon qui régna de 1279 à 1213 avant J.C.
C'est la première fois qu'une dépouille de pharaon quittait l'Egypte. Ramsès II fut "reçu" à l'aéroport du Bourget, à Paris, le 26 septembre 1976, avec les honneurs d'un chef d'Etat.
Le diagnostic a pointé un champignon rare, le deadalea biennis fries, comme cause de la maladie. Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a pris le parti de traiter la momie aux rayons gamma en mai 1977.
Une fois les "soins" entrepris avec succès, la momie fut rapatriée en Egypte, d'où elle n'est plus jamais repartie. Aucune autre momie n'a quitté depuis le sol égyptien.
Les examens scientifiques ont permis d'affirmer que Ramsès II, âgé d'environ 80 ans au moment de sa mort, et d'une taille de 1,72 m, était "leucoderme", c'est-à-dire de peau claire. Sa denture était très abîmée.
Le vendeur anonyme affirme qu'"une équipe de quatre chercheurs dont (son) père a eu pour tâche d'analyser des cheveux, des résines, des morceaux de bandelettes" dans un centre de recherche de Grenoble (est).
"Je dois être le seul au monde à posséder de tels échantillons", écrit-il, ajoutant que "comme il n'y aura plus jamais aucun prélèvement sur la momie qui est désormais au Caire, la somme demandée pour les acquérir est en relation avec la rareté de l'objet".
Il précise que "selon la quantité et la qualité des échantillons", ou la combinaison entre cheveux, résine et bandelette, dont il montre une photo, les sommes demandées s'étalent de 2.000 à 2.500 euros.
Le Musée de l’Homme de Paris confia le soin d'analyser des cheveux de la momie aux laboratoires de L’Oréal, leader mondial des cosmétiques, qui avaient conclu qu'ils avaient été roux, ou colorés au henné.
Chef de la Mission française de Thèbes-Ouest, M. Leblanc a souligné qu'il avait été "formellement interdit de conserver des prélèvements. Si cela est vrai, c'est un chercheur et non la France qui a trahi la parole donnée".
Pour un autre célèbre égyptologue français, Alain Zivie, cette affaire "qu'il faut prendre très au sérieux" est "misérable et indigne".
Source: Nouvel OBS
Voila j'ai eu un tit comm de doc à faire sur l'entrée de cléopâtre à Tarse par Plutarque et sur le dernier décret des souverains lagides, et je voulais partager avec vous, férus d'Egypte, mon tit travail!!
Introduction :
En 41 avant notre ère, l’Egypte Lagide est le dernier royaume hellénistique qui fasse encore face à Rome, le dernier héritier du partage de l’empire d’Alexandre le Grand.
Nous avons ici deux documents datant ou parlant de l’an 41 avant notre ère. Le 1er est un extrait du chapitre 26 de la Vie d’Antoine écrit par Plutarque dans le cadre de ses Vies parallèles. Né vers 50 de notre ère en Béotie, c’est là que Plutarque vécut la plus grande partie de sa vie. Il voyagea beaucoup, il alla notamment plusieurs fois à Rome. Delphes fut le foyer de sa pensée religieuse, il y exerça longuement un des sacerdoces d’Apollon. Dans les nombreuses œuvres qu’ils a laissées, on trouve des bribes de son érudition historique, cependant Plutarque n’est pas un historien. Dans ses Vies parallèles, le fait de faire le lien entre un Grec et un Romain n’a pas tant pour but d’élucider le passé que de contribuer à une meilleure compréhension mutuelle des deux civilisations qui étaient à la base du monde impérial de son temps. Il s’agit plus pour lui de camper le portrait moral d’un homme que de narrer ses faits et gestes. La progression romaine en Orient fait que Plutarque nous donne de longs aperçus d’Histoire hellénistique dans les vies de Flamininus, de Paul-Émile, de Lucullus, de Sulla, de Pompée, Crassus et César, et enfin d’Antoine. Comme beaucoup d’habitants de l’empire romain à son époque, Plutarque a subi l’influence de la propagande augustéenne ce qui rend son regard partial.
Le 2e document est le dernier décret pris par les souverains Lagides Cléopâtre VII Philopator et Ptolémée XV César Philopator et Philometor, plus connu sous le nom de Césarion, alors âgé d’environ 3 ans.
Cléopâtre VII est la fille de Ptolémée XII Aulète. Elle gouverna le royaume d’Egypte de 51 à 30 avant notre ère, successivement avec ses frères et époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, puis avec son fils Ptolémée XV. Elle est considérée comme le dernier pharaon de l’Egypte Antique, et la Cléopâtre la plus connue pour ses relations avec César et Antoine. On dispose de peu de sources sur Cléopâtre, et de plus l’historiographie antique lui est globalement défavorable car inspirée par l’empereur Auguste dont l’intérêt était de noircir la reine afin d’en faire l’adversaire malfaisant de Rome et le génie maléfique d’Antoine.
L’extrait de la Vie d’Antoine que nous avons ici relate l’entrée de Cléopâtre à Tarse en 41 avant notre ère, détaillant particulièrement les richesses de son appareillage et son comportement vis-à-vis d’Antoine.
Le décret pris par Cléopâtre et Césarion en 41 avant notre ère concerne les abus de pouvoir de certains hauts dirigeants des nomes Boubastite et Prosopîte sur les populations grecques, et revoit les impôts dont les Grecs d’Alexandrie seront exemptés. Ce décret est un prostagma, c’est-à-dire une ordonnance concernant en général un seul aspect, ici la fiscalité des Grecs originaires d’Alexandrie.
En 41 avant notre ère, nous sommes 3 ans après l’assassinat de César. L’Empire Romain est depuis octobre 43 sous le triumvirat composé d’Antoine, Lépide et Octave. Lors du partage de l’empire qui suivit la défaite des républicains, Antoine reçut la responsabilité de l’Orient avec la surveillance des Etats et royaumes alliés, au premier rang desquels figure l’Egypte. Fin 42 début 41, il part en Orient pour réunir les moyens militaires et financiers nécessaires à une reprise des projets Césariens contre Parthes.
En Egypte, en 44, après son retour de Rome, Cléopâtre avait fait assassiner son frère Ptolémée XIV, et associé au trône son fils Ptolémée XV César, officiellement reconnu par Rome en 43 par la personne de Publius Cornelius Dolabella (consul en 44, en 43 il est parti poursuivre les assassins de César). Les années 40 sont caractérisées en Egypte par une famine due à de très mauvaises crues du Nil.
On peut se demander de quelle manière ces documents nous montrent les fragilités de l’Egypte Lagide, et comment Cléopâtre essaie de les contrer.
Pour cela nous verrons dans un premier temps les relations entre l’Egypte de Cléopâtre et Rome, puis dans un deuxième temps la situation interne de l’Egypte Lagide.
I]LES RELATIONS ETRE L’EGYPTE DE CLEOPATRE ET ROME
A]Composer avec Rome:
Cléopâtre sait qu’elle doit composer avec Rome suite à de nombreux évènements survenus avant ou pendant son règne. En effet Rome est de nombreuses fois intervenue dans les affaires du royaume Lagide, et son influence est croissante depuis Cléopâtre III. De plus Ptolémée X Alexandre a laissé derrière lui un testament que Rome allait savoir utilisé puisqu’il institue le peuple Romain comme seul héritier de son royaume : il donnait une base juridique à la volonté d’annexion de Rome.
C’est sans doute en 80 avant notre ère qu’il faut dater le début de l’influence déterminante de Rome sur la vie de l’Egypte, c’est-à-dire à la mort de Ptolémée XI Alexandre II. De plus lorsque la foule alexandrine chasse Ptolémée XII du trône et d’Alexandrie (après qu’en 58 Chypre ait été prise par Rome, et qu’en 59 Ptolémée XII ait réussi à se faire déclarer par le triumvirat informel Pompée, Crassus, César, « Ami du peuple romain »), c’est par les troupes romaines de Gabinius, gouverneur de Syrie, et avec l’autorisation de Pompée, que Aulète fut ramené à Alexandrie en 55 avant notre ère. Gabinius laisse derrière lui une troupe de soldats gaulois et germains pour protéger Aulète. Cet acte place l’Egypte sous protectorat romain.
Tant que César était encore en vie, cela assurait une protection à l’Egypte Lagide. Cependant après son assassinat, Cléopâtre doit mettre en place une nouvelle stratégie et la convocation d’Antoine à Tarse tombe à pic. Cléopâtre connaît les goûts d’Antoine pour le luxe et le faste. Le fait qu’elle soit « comme les peintres représentent Aphrodite » (ligne 4) est le fruit d’un habile calcul destiné à éblouir Antoine et à le séduire. Par son appareillage somptueux, Cléopâtre cherche à conquérir Antoine avec une manifestation de la truphè ptolémaïque et de ses charmes féminins. Elle apparaît sous les traits de la séduisant Isis-Aphrodite, entourée d’un luxe royal et d’un exemple de raffinement parfait (lignes 1 à 8). La reine était âgée de 28ans, et au sommet de sa beauté.
Il en va de même lorsque des lignes 16 à 19 il est question de l’abondance des lumières. C’est un luxe rare dans l’antiquité, et le mot « illumination », à la ligne 19, peut être pris au sens propre comme au sens figuré, car tout ce luxe est une illumination pour Antoine.
B]S’imposer dans les décisions majeures du monde méditerranéen :
Aux lignes 13 et 14 de l’extrait de la Vie d’Antoine de Plutarque, il est dit « Antoine envoya sur le champs la prier à dîner, mais elle demanda que ce fut plutôt lui qui vint chez elle. »
En déclinant l’invitation d’Antoine et en proposant que ce soit elle qui l’invite, Cléopâtre veut montrer qu’elle commande, que c’est elle qui tient les rênes. Cet acte est symbolique de sa volonté d’imposer ses choix, que son avis et celui de l’Egypte pèse dans les décisions du monde méditerranéen.
Cléopâtre attendait la même chose de sa relation avec Antoine que de celle avec César. Par sa liaison avec les deux hommes, elle espérait assurer la continuité de la dynastie Ptolémaïque, et rétablir autant que possible la gloire passée du royaume. Cléopâtre a l’espoir de restaurer la puissance des Ptolémées grâce à l’appui d’Antoine.
Cléopâtre visait à intéresser Antoine aux possibilités qu’offraient l’Egypte, en tant que base d’une tentative sur Rome. Elle désirait l’amener à compter sur les richesses illimitées de l’Egypte qui pourraient remplir ses coffres s’il désirait revendiquer le trône à la tête d’une armée, pour elle en tant qu’épouse de César, et pour son fils, chair et sang de César. En laissant apparaître sa fortune par le somptueux appareillage que nous décrit Plutarque, la reine démontre la puissance de son pays, allié possible d’Antoine, avec pour but la chute d’Octave et le triomphe de son fils Césarion.
C]Le but d’Antoine :
Si Antoine convoque Cléopâtre à Tarse, c’est pour qu’elle se justifie du support que Cassius aurait reçu de la part du royaume Ptolémaïque. A ce sujet, Appien nous dit que : « Cléopâtre vint le rencontrer en Cilicie, et il l’accusa de ne pas avoir contribué à la vengeance de la mort de César. Elle énuméra ce qu’elle avait fait. Elle avait envoyé quatre légions – qui avaient été laissées par Dolabella – et une autre flotte empêchée de partir par des vents contraires et aussi par la défaite soudaine de Dolabella. En outre, elle n’avait pas aidé Cassius qui l’avait vaincue par deux fois. » (Appien, Histoire Romaine, livre V).
En effet en accusant le royaume Lagide d’avoir soutenu Cassius, Antoine parle des quatre légions envoyées par Cléopâtre à Dolabella, qui se rallièrent à Cassius. Ces légions étaient celles laissées par César en Egypte.
Cependant ce n’est là que le prétexte officiel. Antoine, salué quelques jours plus tôt comme « Neos Dionysos » par les habitants d’Ephèse (cf. ligne 12-13), avait comme réel dessein de s’assurer du soutien de la reine Lagide dans la guerre contre Parthes. C’est également pour cela qu’il voulut « lui témoigner courtoisie et complaisance » en se rendant à l’invitation de Cléopâtre (lignes 14 et 15). En effet, refuser cette invitation aurait été fort mal vu par la souveraine, et cela aurait pu compromettre les plans d’Antoine dans sa volonté de combattre l’empire Parthes.
Antoine souhaite la formation d’une alliance offensive et défensive avec Cléopâtre, afin qu’il puisse disposer de sa fortune, de son armée et de sa flotte.
II]LA SITUATION INTERNE DE L’EGYPTE LAGIDE
A]La fiscalité : l’imposition des Grecs
On voit dans le décret Lagide que les Grecs d’Egypte ne sont pas soumis aux mêmes impôts que les Egyptiens. En effet, il existe différents droits selon que l’on est Egyptien ou Grec. Mais pour les Grecs, il y a des droits différents selon la cité d’origine. C’est-à-dire que chaque Grec résidant en Egypte pouvait se réclamer de sa cité d’origine. Il fallut donc développer par le droit privé une norme moyenne, synthèse des droits en usage dans les différentes patries des Grecs d’Egypte, qui fut nommé « droit des cités ». Alexandrie, tout comme Ptolémaïs et Naucratis, en tant qu’entités théoriquement autonomes, avaient leurs lois particulières, applicables à leurs citoyens respectifs. A ces divers niveaux du droit s’ajoutait l’abondante législation émise par les Ptolémées eux-mêmes, et concernant principalement le droit public. Celle-ci prenait la forme d’ordonnances, ou prostagmata, comme pour notre document, et de réglementations (diagrammata), qui portaient sur des questions fiscales.
La plupart de ces prostagmata étaient affichés en grec et en démotique, comme il l’est précisé pour notre document aux lignes 3 et 4 (« soit transcrit en caractères grecs et démotiques »). Le fait de le transcrire non seulement en grec, mais également en démotique, montre une volonté d’être lu par les populations égyptiennes aisées. De plus, beaucoup de Grecs installés depuis plusieurs générations dans la chôra et mêlés aux populations indigènes lisaient le démotique.
La fiscalité de l’Egypte Lagide est très complexe, cela étant du à une juxtaposition d’institutions pharaoniques et de modes de prélèvement nouveaux, dus notamment à la généralisation de l’usage de la monnaie par les Grecs.
Ainsi, si certains impôts sont toujours perçus en nature (blé, huile, lin, …), l’Etat Lagide a besoin que de l’argent rentre dans ses caisse, et pour cela d’autres impôts sont perçus en argent. A cette fin, fut mis en place le système du fermage : le fermier perçoit l’impôt en nature, puis donne en échange au pouvoir royal une somme globale fixée à l’avance. Le fermier sert d’intermédiaire entre le contribuable et le trésor royal.
Il y a différents impositions selon la terre que l’on cultive. Tout d’abord la terre royale proprement dite (Basilike ge ), prise à bail par des cultivateurs royaux, frappée par plusieurs impôts tel l’ekphorion (loyer en blé), l’artabieia, l’hermiatabieia ou encore la diartabieia, toutes trois destinées aux temples, …
La terre sacrée (Hiera ge), qui est offerte aux dieux, et destinée à assurer aux temples les revenus nécessaires au culte. Les fermages revenaient au temple, mais des taxes foncières étaient versées au trésor royal.
La dôrea, terre dont le roi donnait la jouissance à des Grecs de haut rang. Les surfaces cultivées de la Dôrea sont soumises au même régime que la terre royale. Les dôreai ne sont cependant plus attestées après Ptolémées III.
Le dernier type de terres sont les clérouquies, constituées de parcelles de terre données à des soldats. Les clérouques sont redevables au trésor des différents types impôts qui frappent les terres royales, ainsi que de certaines taxes spécifiques en raison de leurs qualité de possesseurs fonciers.
Comme on le voit à la ligne 14 du prostagma, les Grecs originaires d’Alexandrie et installés dans la chôra ne sont soumis qu’aux « redevances proprement royales ». Les charges « rurales et provinciales » (ligne 15) étant réservées aux populations indigènes.
Il s’agit dans ce texte d’une population alexandrine possédant dans la campagne des terres agricoles normalement exonérées de contribution exceptionnelles levées en temps de crise. Dans les temps de crise des années 40 (famine due à de très mauvaises crues), afin de conserver leur marge, certains fonctionnaires des nomes réagirent en taxant illégalement les populations, dont cette population alexandrine aisée qui se plaignit donc en haut-lieu.
B]Une population grecque influente à manier avec tact :
Si les origines civiques des Grecs installés dans la chôra, ou plus exactement de leurs descendants, s’estompent progressivement au point de disparaître complètement de leur mémoire, leur hellénité culturelle s’affirme au contraire dans le même temps, et avec elle le sentiment d’appartenir à une minorité privilégiée dont le roi lui-même n’est que le plus illustre représentant.
Les souverains Lagides, même s’ils réussissent à consolider la légitimité de leur pouvoir autocrate, ne pourront jamais exiger de leurs sujets Grecs les formes d’allégeance servile et de vénération mystique que les populations orientales, notamment égyptienne, étaient depuis longtemps accoutumées à manifester envers leurs monarques de droit divin.
La population grecque, notamment celle d’Alexandrie, a de nombreuses fois rappelé aux souverains Lagides la force qu’elle représente. Alexandrie est fondée de façon antagoniste, sa population est tellement à part du reste de l’Egypte qu’on dit d’Alexandrie que c’est une ville à côté de l’Egypte, et non en Egypte.
L’histoire des Ptolémées est ponctuées de nombreux épisodes avec la population alexandrine. Ainsi, Ptolémée XI Alexandre II fut lynché par les Alexandrins qui placèrent sur le trône un fils bâtard de Ptolémée IX Sôter II, Ptolémée XII Aulète, et sa sœur Cléopâtre VI. Le même Ptolémée XII qui sera chassé d’Alexandrie et devra faire appel à Rome pour récupérer son trône.
Cléopâtre VII elle-même a eu affaire à la population alexandrine. En effet, lorsque César vint à Alexandrie, la population de la capitale, mécontente de l’installation de l’Imperator romain dans le palais royal, avait pris partie pour Ptolémée XIII contre Cléopâtre.
C’est donc pour cela que Cléopâtre prend autant à cœur la défense de la population alexandrine. On voit à la ligne 8 que ce décret a été pris par les souverains Lagides le 13 Pharmouthi de l’an II, puis l’on voit ligne 11 que les plaignants ont présenté leur requête le 15 Phamenôth, ce qui correspond à environ un mois d’écart. Le pouvoir royal a donc mis un mois pour répondre, ce qui est une période raisonnable si l’on prend en compte le temps que la plainte arrive aux souverains. Ces derniers ont donc pris une décision assez rapide.
En défendant les immunités fiscales des Alexandrins, le pouvoir entendait se concilier la riche bourgeoisie alexandrine dont l’appui lui était nécessaire tant pour sa propre sécurité dans la capitale que pour ses menées de politique extérieure.
Conclusion :
On a pu le voir avec ces deux documents, l’Egypte Lagide avait de nombreux points de faiblesses, et Cléopâtre VII des solutions bien réfléchies pour y mettre fin.
Ainsi sur le plan méditerranéen, on voit que Cléopâtre et Antoine poursuivaient chacun leur but. Leur idéal commun était la puissance, le pouvoir. Rien de plus normal que cette alliance qui scellait leurs aspirations. Ces deux personnages étaient unis par l’ambition. Cléopâtre reste une souveraine influente plus qu’une ensorceleuse inquiétante, et Antoine un triumvir impétueux plus qu’un esclave soumis, n’en déplaise à la propagande Augustéenne.
Au niveau même de l’Egypte, Cléopâtre avait conscience de la fragilité de son pouvoir, et mit tout en œuvre pour obtenir l’appui des populations grecques, à commencer par punir les abus de pouvoir des nomarques du Delta.
Cependant, malgré toutes ses précautions, Cléopâtre ne put empêcher à son royaume de finir entre les mains de Rome et d’Octave-Auguste en 30 avant notre ère, suite à la défaite de 31 à Actium.
Aujourd’hui encore, les sources restent principalement romaines sur le dernier des pharaons, et pour cela pas toujours fiables. Cependant, la possible découverte du tombeau de Cléopâtre et d’Antoine à 30 kilomètres d’Alexandrie par l’égyptologue égyptien Zahi Hawass, pourra peut-être nous permettre de lever le voile sur la femme la plus célèbre de l’antiquité, si cette découverte se révèle exacte.
Le sac renfermant chicha et tabac à la saveur de pomme est devenu le souvenir obligé rapporté par de nombreux touristes d'Égypte.
Mais si les «chicha lounges» sont à la mode en Occident, la dépendance au narguilé -comme la chicha est appelée dans d'autres pays du Proche-Orient- gagne rapidement du terrain en Égypte et suscite l'inquiétude des responsables de la santé.
« Je la crois moins nocive pour la santé que la cigarette, parce qu'elle (la fumée) passe par l'eau avant d'être aspirée », dit une jeune touriste néerlandaise, en tirant très fort sur le tuyau de sa chicha dans le bazar de Khan Khalili, au Caire.
Les experts du domaine de la santé tentent de briser cette image inoffensive de la pipe orientale, munie d'un long tuyau communiquant avec un flacon d'eau aromatisée que la fumée traverse avant d'arriver à la bouche du fumeur.
«Il ne s'agit pas seulement d'une mode à l'étranger, elle devient aussi de plus en plus populaire dans la région», déclare Fatima al-Awwa, du bureau régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
«Le problème de la chicha a longtemps été ignoré mais la réalité est étonnante», ajoute ce médecin responsable de l'Initiative sans tabac.
«
Une heure de chicha équivaut à entre 100 et 200 cigarettes», affirme Mme Awwa à l'AFP, expliquant que pour la même quantité de nicotine, la chicha expose les fumeurs à une plus grande quantité de fumée que les cigarettes.
Une étude de l'OMS révèle que le fumeur de narguilé est exposé à de plus importantes quantités de nicotine, de monoxyde de carbone et d'autres toxines que le fumeur de cigarettes.
L'étude souligne que la force nécessaire pour aspirer l'air à travers le tuyau permet à la fumée de pénétrer plus profondément dans les poumons.
Une étude égyptienne, menée par l'ancien ministre de la Santé Awad Tag-Eddine, rend également le narguilé responsable du retour de la tuberculose en Égypte, l'un des pays les plus touchés par le tabagisme au monde.
«Une moyenne de 2,5% du revenu du foyer est dépensée en tabac en Égypte, plus que les sommes allouées à la santé et aux loisirs», déclare Mme Awwa.
Sur le mur de son bureau, est accrochée une fatwa de l'ex-mufti d'Égypte, affirmant que fumer est contraire à l'islam.
Le ministre de la Santé, Hatem al-Gabali, s'est déclaré inquiet de l'impact de cette mode. Un projet de loi sera soumis lors de la nouvelle session du parlement pour imposer une nouvelle taxe de 10% sur le tabac, a-t-il affirmé à l'AFP.
«Les Egyptiens consomment 20 millions de cigarettes par jour. Il n'y a pas de chiffres précis pour la chicha mais elle est devenue une tendance», selon M. Gabali.
«La nouvelle taxe devrait engendrer 800 millions de livres égyptiennes, qui iront aux assurances médicales», a-t-il précisé.
Mme Awwa souligne l'absence de règles de production du tabac pour chicha, contrairement aux cigarettes.
Plutôt qu'une dépendance, fumer la chicha est perçu comme l'occasion pour les fumeurs de bavarder pendant des heures, chez eux ou dans les cafés, en se passant le
tuyau.
Autrefois passe-temps des hommes issus des classes modestes, fumer la chicha est devenu un phénomène de mode, largement adopté par les jeunes Egyptiennes.
«Les femmes qui fument des cigarettes sont mal perçues en Égypte, mais la chicha, c'est amusant et je ne la crois pas nocive», estime Hoda, jeune femme voilée de 20 ans, en tirant sur sa chicha dans un café à la mode offrant du tabac au goût de melon ou de cappuccino.
Le nom chicha est une déformation du mot hachich, la consommation de cette drogue étant l'usage initial de cet instrument.
Au café Zahret Strand, au centre du Caire, la campagne anti-tabac égyptienne ne semble pas avoir d'impact.
Mohamed, veuf de 61 ans élégamment vêtu, vient fumer deux chichas chaque soir. « Je suis certain que c'est mauvais pour la santé, mais c'est mon cadeau de la journée », dit-il. «Si la chicha ne me tue pas, autre chose le fera. C'est à Dieu d'en décider». 
Article de Jean-Marc Mojon
Agence France-Presse / Cyberpresse
Les tombes de trois dentistes ayant soigné la famille royale égyptienne il y a plus de 4.000 ans ont été découvertes en Egypte, sur le site de Saqqarah, à une vingtaine de kilomètres du Caire. Ce sont des pilleurs de tombe, arrêtés il y a deux mois, qui ont mis les archéologues sur la piste de ces tombes, a expliqué Zahi Hawass, le puissant directeur du Conseil suprême égyptien des antiquités. Les voleurs avaient donné les premiers coups de pioches, non loin de la pyramide à degré du roi Djoser, lorsqu’ils ont été appréhendés.Les archéologues ont finalement mis au jour trois tombes portant le nom de trois dentistes qui soignaient des pharaons de la Vème dynastie. Leurs dernières demeures sont construites dans des matériaux moins nobles que celles de la famille royale. Les dessins et hiéroglyphes qui ornent leurs parois décrivent la vie quotidienne des dentistes et de leurs familles. En revanche les archéologues n’ont pas retrouvé les momies des défunts.
Source : Sciences NouvelsObs

