Voila j'ai eu un tit comm de doc à faire sur l'entrée de cléopâtre à Tarse par Plutarque et sur le dernier décret des souverains lagides, et je voulais partager avec vous, férus d'Egypte, mon tit travail!!
Introduction :
En 41 avant notre ère, l’Egypte Lagide est le dernier royaume hellénistique qui fasse encore face à Rome, le dernier héritier du partage de l’empire d’Alexandre le Grand.
Nous avons ici deux documents datant ou parlant de l’an 41 avant notre ère. Le 1er est un extrait du chapitre 26 de la Vie d’Antoine écrit par Plutarque dans le cadre de ses Vies parallèles. Né vers 50 de notre ère en Béotie, c’est là que Plutarque vécut la plus grande partie de sa vie. Il voyagea beaucoup, il alla notamment plusieurs fois à Rome. Delphes fut le foyer de sa pensée religieuse, il y exerça longuement un des sacerdoces d’Apollon. Dans les nombreuses œuvres qu’ils a laissées, on trouve des bribes de son érudition historique, cependant Plutarque n’est pas un historien. Dans ses Vies parallèles, le fait de faire le lien entre un Grec et un Romain n’a pas tant pour but d’élucider le passé que de contribuer à une meilleure compréhension mutuelle des deux civilisations qui étaient à la base du monde impérial de son temps. Il s’agit plus pour lui de camper le portrait moral d’un homme que de narrer ses faits et gestes. La progression romaine en Orient fait que Plutarque nous donne de longs aperçus d’Histoire hellénistique dans les vies de Flamininus, de Paul-Émile, de Lucullus, de Sulla, de Pompée, Crassus et César, et enfin d’Antoine. Comme beaucoup d’habitants de l’empire romain à son époque, Plutarque a subi l’influence de la propagande augustéenne ce qui rend son regard partial.
Le 2e document est le dernier décret pris par les souverains Lagides Cléopâtre VII Philopator et Ptolémée XV César Philopator et Philometor, plus connu sous le nom de Césarion, alors âgé d’environ 3 ans.
Cléopâtre VII est la fille de Ptolémée XII Aulète. Elle gouverna le royaume d’Egypte de 51 à 30 avant notre ère, successivement avec ses frères et époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, puis avec son fils Ptolémée XV. Elle est considérée comme le dernier pharaon de l’Egypte Antique, et la Cléopâtre la plus connue pour ses relations avec César et Antoine. On dispose de peu de sources sur Cléopâtre, et de plus l’historiographie antique lui est globalement défavorable car inspirée par l’empereur Auguste dont l’intérêt était de noircir la reine afin d’en faire l’adversaire malfaisant de Rome et le génie maléfique d’Antoine.
L’extrait de la Vie d’Antoine que nous avons ici relate l’entrée de Cléopâtre à Tarse en 41 avant notre ère, détaillant particulièrement les richesses de son appareillage et son comportement vis-à-vis d’Antoine.
Le décret pris par Cléopâtre et Césarion en 41 avant notre ère concerne les abus de pouvoir de certains hauts dirigeants des nomes Boubastite et Prosopîte sur les populations grecques, et revoit les impôts dont les Grecs d’Alexandrie seront exemptés. Ce décret est un prostagma, c’est-à-dire une ordonnance concernant en général un seul aspect, ici la fiscalité des Grecs originaires d’Alexandrie.
En 41 avant notre ère, nous sommes 3 ans après l’assassinat de César. L’Empire Romain est depuis octobre 43 sous le triumvirat composé d’Antoine, Lépide et Octave. Lors du partage de l’empire qui suivit la défaite des républicains, Antoine reçut la responsabilité de l’Orient avec la surveillance des Etats et royaumes alliés, au premier rang desquels figure l’Egypte. Fin 42 début 41, il part en Orient pour réunir les moyens militaires et financiers nécessaires à une reprise des projets Césariens contre Parthes.
En Egypte, en 44, après son retour de Rome, Cléopâtre avait fait assassiner son frère Ptolémée XIV, et associé au trône son fils Ptolémée XV César, officiellement reconnu par Rome en 43 par la personne de Publius Cornelius Dolabella (consul en 44, en 43 il est parti poursuivre les assassins de César). Les années 40 sont caractérisées en Egypte par une famine due à de très mauvaises crues du Nil.
On peut se demander de quelle manière ces documents nous montrent les fragilités de l’Egypte Lagide, et comment Cléopâtre essaie de les contrer.
Pour cela nous verrons dans un premier temps les relations entre l’Egypte de Cléopâtre et Rome, puis dans un deuxième temps la situation interne de l’Egypte Lagide.
I]LES RELATIONS ETRE L’EGYPTE DE CLEOPATRE ET ROME
A]Composer avec Rome:
Cléopâtre sait qu’elle doit composer avec Rome suite à de nombreux évènements survenus avant ou pendant son règne. En effet Rome est de nombreuses fois intervenue dans les affaires du royaume Lagide, et son influence est croissante depuis Cléopâtre III. De plus Ptolémée X Alexandre a laissé derrière lui un testament que Rome allait savoir utilisé puisqu’il institue le peuple Romain comme seul héritier de son royaume : il donnait une base juridique à la volonté d’annexion de Rome.
C’est sans doute en 80 avant notre ère qu’il faut dater le début de l’influence déterminante de Rome sur la vie de l’Egypte, c’est-à-dire à la mort de Ptolémée XI Alexandre II. De plus lorsque la foule alexandrine chasse Ptolémée XII du trône et d’Alexandrie (après qu’en 58 Chypre ait été prise par Rome, et qu’en 59 Ptolémée XII ait réussi à se faire déclarer par le triumvirat informel Pompée, Crassus, César, « Ami du peuple romain »), c’est par les troupes romaines de Gabinius, gouverneur de Syrie, et avec l’autorisation de Pompée, que Aulète fut ramené à Alexandrie en 55 avant notre ère. Gabinius laisse derrière lui une troupe de soldats gaulois et germains pour protéger Aulète. Cet acte place l’Egypte sous protectorat romain.
Tant que César était encore en vie, cela assurait une protection à l’Egypte Lagide. Cependant après son assassinat, Cléopâtre doit mettre en place une nouvelle stratégie et la convocation d’Antoine à Tarse tombe à pic. Cléopâtre connaît les goûts d’Antoine pour le luxe et le faste. Le fait qu’elle soit « comme les peintres représentent Aphrodite » (ligne 4) est le fruit d’un habile calcul destiné à éblouir Antoine et à le séduire. Par son appareillage somptueux, Cléopâtre cherche à conquérir Antoine avec une manifestation de la truphè ptolémaïque et de ses charmes féminins. Elle apparaît sous les traits de la séduisant Isis-Aphrodite, entourée d’un luxe royal et d’un exemple de raffinement parfait (lignes 1 à 8). La reine était âgée de 28ans, et au sommet de sa beauté.
Il en va de même lorsque des lignes 16 à 19 il est question de l’abondance des lumières. C’est un luxe rare dans l’antiquité, et le mot « illumination », à la ligne 19, peut être pris au sens propre comme au sens figuré, car tout ce luxe est une illumination pour Antoine.
B]S’imposer dans les décisions majeures du monde méditerranéen :
Aux lignes 13 et 14 de l’extrait de la Vie d’Antoine de Plutarque, il est dit « Antoine envoya sur le champs la prier à dîner, mais elle demanda que ce fut plutôt lui qui vint chez elle. »
En déclinant l’invitation d’Antoine et en proposant que ce soit elle qui l’invite, Cléopâtre veut montrer qu’elle commande, que c’est elle qui tient les rênes. Cet acte est symbolique de sa volonté d’imposer ses choix, que son avis et celui de l’Egypte pèse dans les décisions du monde méditerranéen.
Cléopâtre attendait la même chose de sa relation avec Antoine que de celle avec César. Par sa liaison avec les deux hommes, elle espérait assurer la continuité de la dynastie Ptolémaïque, et rétablir autant que possible la gloire passée du royaume. Cléopâtre a l’espoir de restaurer la puissance des Ptolémées grâce à l’appui d’Antoine.
Cléopâtre visait à intéresser Antoine aux possibilités qu’offraient l’Egypte, en tant que base d’une tentative sur Rome. Elle désirait l’amener à compter sur les richesses illimitées de l’Egypte qui pourraient remplir ses coffres s’il désirait revendiquer le trône à la tête d’une armée, pour elle en tant qu’épouse de César, et pour son fils, chair et sang de César. En laissant apparaître sa fortune par le somptueux appareillage que nous décrit Plutarque, la reine démontre la puissance de son pays, allié possible d’Antoine, avec pour but la chute d’Octave et le triomphe de son fils Césarion.
C]Le but d’Antoine :
Si Antoine convoque Cléopâtre à Tarse, c’est pour qu’elle se justifie du support que Cassius aurait reçu de la part du royaume Ptolémaïque. A ce sujet, Appien nous dit que : « Cléopâtre vint le rencontrer en Cilicie, et il l’accusa de ne pas avoir contribué à la vengeance de la mort de César. Elle énuméra ce qu’elle avait fait. Elle avait envoyé quatre légions – qui avaient été laissées par Dolabella – et une autre flotte empêchée de partir par des vents contraires et aussi par la défaite soudaine de Dolabella. En outre, elle n’avait pas aidé Cassius qui l’avait vaincue par deux fois. » (Appien, Histoire Romaine, livre V).
En effet en accusant le royaume Lagide d’avoir soutenu Cassius, Antoine parle des quatre légions envoyées par Cléopâtre à Dolabella, qui se rallièrent à Cassius. Ces légions étaient celles laissées par César en Egypte.
Cependant ce n’est là que le prétexte officiel. Antoine, salué quelques jours plus tôt comme « Neos Dionysos » par les habitants d’Ephèse (cf. ligne 12-13), avait comme réel dessein de s’assurer du soutien de la reine Lagide dans la guerre contre Parthes. C’est également pour cela qu’il voulut « lui témoigner courtoisie et complaisance » en se rendant à l’invitation de Cléopâtre (lignes 14 et 15). En effet, refuser cette invitation aurait été fort mal vu par la souveraine, et cela aurait pu compromettre les plans d’Antoine dans sa volonté de combattre l’empire Parthes.
Antoine souhaite la formation d’une alliance offensive et défensive avec Cléopâtre, afin qu’il puisse disposer de sa fortune, de son armée et de sa flotte.
II]LA SITUATION INTERNE DE L’EGYPTE LAGIDE
A]La fiscalité : l’imposition des Grecs
On voit dans le décret Lagide que les Grecs d’Egypte ne sont pas soumis aux mêmes impôts que les Egyptiens. En effet, il existe différents droits selon que l’on est Egyptien ou Grec. Mais pour les Grecs, il y a des droits différents selon la cité d’origine. C’est-à-dire que chaque Grec résidant en Egypte pouvait se réclamer de sa cité d’origine. Il fallut donc développer par le droit privé une norme moyenne, synthèse des droits en usage dans les différentes patries des Grecs d’Egypte, qui fut nommé « droit des cités ». Alexandrie, tout comme Ptolémaïs et Naucratis, en tant qu’entités théoriquement autonomes, avaient leurs lois particulières, applicables à leurs citoyens respectifs. A ces divers niveaux du droit s’ajoutait l’abondante législation émise par les Ptolémées eux-mêmes, et concernant principalement le droit public. Celle-ci prenait la forme d’ordonnances, ou prostagmata, comme pour notre document, et de réglementations (diagrammata), qui portaient sur des questions fiscales.
La plupart de ces prostagmata étaient affichés en grec et en démotique, comme il l’est précisé pour notre document aux lignes 3 et 4 (« soit transcrit en caractères grecs et démotiques »). Le fait de le transcrire non seulement en grec, mais également en démotique, montre une volonté d’être lu par les populations égyptiennes aisées. De plus, beaucoup de Grecs installés depuis plusieurs générations dans la chôra et mêlés aux populations indigènes lisaient le démotique.
La fiscalité de l’Egypte Lagide est très complexe, cela étant du à une juxtaposition d’institutions pharaoniques et de modes de prélèvement nouveaux, dus notamment à la généralisation de l’usage de la monnaie par les Grecs.
Ainsi, si certains impôts sont toujours perçus en nature (blé, huile, lin, …), l’Etat Lagide a besoin que de l’argent rentre dans ses caisse, et pour cela d’autres impôts sont perçus en argent. A cette fin, fut mis en place le système du fermage : le fermier perçoit l’impôt en nature, puis donne en échange au pouvoir royal une somme globale fixée à l’avance. Le fermier sert d’intermédiaire entre le contribuable et le trésor royal.
Il y a différents impositions selon la terre que l’on cultive. Tout d’abord la terre royale proprement dite (Basilike ge ), prise à bail par des cultivateurs royaux, frappée par plusieurs impôts tel l’ekphorion (loyer en blé), l’artabieia, l’hermiatabieia ou encore la diartabieia, toutes trois destinées aux temples, …
La terre sacrée (Hiera ge), qui est offerte aux dieux, et destinée à assurer aux temples les revenus nécessaires au culte. Les fermages revenaient au temple, mais des taxes foncières étaient versées au trésor royal.
La dôrea, terre dont le roi donnait la jouissance à des Grecs de haut rang. Les surfaces cultivées de la Dôrea sont soumises au même régime que la terre royale. Les dôreai ne sont cependant plus attestées après Ptolémées III.
Le dernier type de terres sont les clérouquies, constituées de parcelles de terre données à des soldats. Les clérouques sont redevables au trésor des différents types impôts qui frappent les terres royales, ainsi que de certaines taxes spécifiques en raison de leurs qualité de possesseurs fonciers.
Comme on le voit à la ligne 14 du prostagma, les Grecs originaires d’Alexandrie et installés dans la chôra ne sont soumis qu’aux « redevances proprement royales ». Les charges « rurales et provinciales » (ligne 15) étant réservées aux populations indigènes.
Il s’agit dans ce texte d’une population alexandrine possédant dans la campagne des terres agricoles normalement exonérées de contribution exceptionnelles levées en temps de crise. Dans les temps de crise des années 40 (famine due à de très mauvaises crues), afin de conserver leur marge, certains fonctionnaires des nomes réagirent en taxant illégalement les populations, dont cette population alexandrine aisée qui se plaignit donc en haut-lieu.
B]Une population grecque influente à manier avec tact :
Si les origines civiques des Grecs installés dans la chôra, ou plus exactement de leurs descendants, s’estompent progressivement au point de disparaître complètement de leur mémoire, leur hellénité culturelle s’affirme au contraire dans le même temps, et avec elle le sentiment d’appartenir à une minorité privilégiée dont le roi lui-même n’est que le plus illustre représentant.
Les souverains Lagides, même s’ils réussissent à consolider la légitimité de leur pouvoir autocrate, ne pourront jamais exiger de leurs sujets Grecs les formes d’allégeance servile et de vénération mystique que les populations orientales, notamment égyptienne, étaient depuis longtemps accoutumées à manifester envers leurs monarques de droit divin.
La population grecque, notamment celle d’Alexandrie, a de nombreuses fois rappelé aux souverains Lagides la force qu’elle représente. Alexandrie est fondée de façon antagoniste, sa population est tellement à part du reste de l’Egypte qu’on dit d’Alexandrie que c’est une ville à côté de l’Egypte, et non en Egypte.
L’histoire des Ptolémées est ponctuées de nombreux épisodes avec la population alexandrine. Ainsi, Ptolémée XI Alexandre II fut lynché par les Alexandrins qui placèrent sur le trône un fils bâtard de Ptolémée IX Sôter II, Ptolémée XII Aulète, et sa sœur Cléopâtre VI. Le même Ptolémée XII qui sera chassé d’Alexandrie et devra faire appel à Rome pour récupérer son trône.
Cléopâtre VII elle-même a eu affaire à la population alexandrine. En effet, lorsque César vint à Alexandrie, la population de la capitale, mécontente de l’installation de l’Imperator romain dans le palais royal, avait pris partie pour Ptolémée XIII contre Cléopâtre.
C’est donc pour cela que Cléopâtre prend autant à cœur la défense de la population alexandrine. On voit à la ligne 8 que ce décret a été pris par les souverains Lagides le 13 Pharmouthi de l’an II, puis l’on voit ligne 11 que les plaignants ont présenté leur requête le 15 Phamenôth, ce qui correspond à environ un mois d’écart. Le pouvoir royal a donc mis un mois pour répondre, ce qui est une période raisonnable si l’on prend en compte le temps que la plainte arrive aux souverains. Ces derniers ont donc pris une décision assez rapide.
En défendant les immunités fiscales des Alexandrins, le pouvoir entendait se concilier la riche bourgeoisie alexandrine dont l’appui lui était nécessaire tant pour sa propre sécurité dans la capitale que pour ses menées de politique extérieure.
Conclusion :
On a pu le voir avec ces deux documents, l’Egypte Lagide avait de nombreux points de faiblesses, et Cléopâtre VII des solutions bien réfléchies pour y mettre fin.
Ainsi sur le plan méditerranéen, on voit que Cléopâtre et Antoine poursuivaient chacun leur but. Leur idéal commun était la puissance, le pouvoir. Rien de plus normal que cette alliance qui scellait leurs aspirations. Ces deux personnages étaient unis par l’ambition. Cléopâtre reste une souveraine influente plus qu’une ensorceleuse inquiétante, et Antoine un triumvir impétueux plus qu’un esclave soumis, n’en déplaise à la propagande Augustéenne.
Au niveau même de l’Egypte, Cléopâtre avait conscience de la fragilité de son pouvoir, et mit tout en œuvre pour obtenir l’appui des populations grecques, à commencer par punir les abus de pouvoir des nomarques du Delta.
Cependant, malgré toutes ses précautions, Cléopâtre ne put empêcher à son royaume de finir entre les mains de Rome et d’Octave-Auguste en 30 avant notre ère, suite à la défaite de 31 à Actium.
Aujourd’hui encore, les sources restent principalement romaines sur le dernier des pharaons, et pour cela pas toujours fiables. Cependant, la possible découverte du tombeau de Cléopâtre et d’Antoine à 30 kilomètres d’Alexandrie par l’égyptologue égyptien Zahi Hawass, pourra peut-être nous permettre de lever le voile sur la femme la plus célèbre de l’antiquité, si cette découverte se révèle exacte.
Le dieu Néfertoum
Faïence bleue et jaune
Hauteur : 10 cm
Musée du Louvre, Paris
Néfertoum est le dieu lotus. Il est représenté par un homme dont la tête est surmontée d'un nénuphar/lotus d'où est sorti le soleil lors de la Création ou d'un homme à tête de lion..
On le vénère à Memphis où il forme la triade avec Ptah et Sekhmet.
Fermé la nuit et épanoui le matin, il accompagne le cycle du soleil. Il personnifie le lotus primordial qui sort du chaos.
Les égyptiens de l'antiquité pensaient que pour que l'âme des défunts aient une existence dans l'au-delà, ils fallait que le corps soit préservé, d'où toute l'importance qu'avait la momification à leurs yeux.
Les étapes de la momification
A - La momie, étape du rituel funéraire
La momification s'inscrivait dans un véritable rituel funéraire. Dès que le décès avait lieu, le corps était remis aux embaumeurs au milieu des pleureuses professionnelles, puis était emmené à l'ouest de la ville, dans un endroit élevé, pour que les crues du Nil ne puissent pas l'atteindre.
Là, dans un atelier, les embaumeurs lavaient le corps et procédaient aux diverses opérations de momifications, dont la durée était de sept décades, soit 70 jours. Le corps éviscéré était séché au soleil, et enduit de plusieurs couches d'huiles végétales et animales. Puis, commençait la pose des bandelettes non sans avoir disposé des amulettes sur le défunt. Ensuite, le corps était placé dans un sarcophage peint et gravé. Parfois on recouvrait le visage d'un masque aux traits de son apparence.
La famille et les pleureuses venaient ensuite chercher le corps et une procession conduite par les prêtres emmenait le défunt jusqu'à sa dernière demeure. Là, le grand prêtre, selon un rituel bien défini procédait aux dernières incantations : il touchait d'un geste sacré les sept ouvertures de la tête de la momie pour faire revivre les sens. Les offrandes étaient disposées, et on scellait la tombe.
Bien sur, tout se passait ainsi lors de la mort de personnes aisées, tout était différent pour des gens moins fortunés. Mais cependant, une momification avait lieu, moins poussée, mais toujours présente, car tout égyptien devait pouvoir atteindre une vie après la mort.
B - Sources et références
Pour comprendre les techniques de momification, on a pensé jadis s'inspirer de certaines peintures murales. En fait, ces peintures ne représentaient que la fabrication de sarcophages. Deux scènes sont sorties du lot. Elles ont été trouvées sur le sarcophage de Murtirdiès au II-Ier siècle avant JC.
On peut y voir un corps nu, noir, allongé devant des prêtres et un personnage portant un masque d'Anubis, dieu patron des embaumeurs, puis, debout sur lequel deux prêtres déversent des libations.
On a également retrouvé des récits contenant des allusions à la momification sur des papyrus, comme celui d'une lettre que le pharaon adresse à Sinouhé :
Le soir, lui explique le pharaon, tu seras oint avec de l'huile de pin et enveloppé de bandelettes confectionnées par Tait, la déesse du tissage.
Malheureusement, ces documents se contentent d'évoquer brièvement l'embaumement et n'en donnent pas une explication technique précise. Ce ne sont en aucun cas des manuels pouvant rendre compte d'un savoir-faire. Il devait être simplement transmis de père en fils, ou de maître à apprenti.
Le seul véritable document écrit concernant les différentes étapes de la momification est la vision qu'en a eu Hérodote lors d'un de ses voyages en Égypte au Vème siècle avant JC. Ses écrits ont permis de mieux connaître cette technique, et ont été étoffés et corrigés par les découvertes actuelles faîtes grâce aux outils comme la radiographie.
C - Les enchaînements techniques constituant une momification
Bien sûr, toutes ces étapes ont beaucoup évoluées, et la description qui va être faite ici est celle décrite par Hérodote.
Lors de la mort d'un égyptien, sa famille apportait le corps aux embaumeurs, et parlementait longtemps les frais divers.
Lorsque le mort leur a été apporté, les embaumeurs montrent aux porteurs des modèles de cadavres en bois, imités par la peinture, et ils indiquent celui qu'ils disent le plus digne d'attention, qui fut celui du dieu dont je ne peux prononcer le nom ici. Ils font voir après celui-là le second, qui est d'un prix moindre ; et enfin le troisième le moins coûteux.
Hérodote, HISTOIRES, II, 86
Les familles apportaient en général eux-mêmes le lin, récupéré de vieux draps ou vêtements, pour faire les bandelettes indispensables à l'embaumement.
L'embaumement le moins fréquent chez les Égyptiens de classe moyenne, mais de rigueur chez les personnages royaux était un " embaumement de première classe ". Il était composé de quatre étapes :
L'excérébration
La première étape consistait donc à extraire en passant par les fosses nasales le cerveau. Cette étape se faisait grâce à un crochet de fer.
Aidé de ce crochet, l'embaumeur traversait l'ethmoïde et accédait au cerveau. L'encéphale était réduit en bouillie puis s'écoulait par l'orifice pratiqué. Dans un deuxième temps, le natron (solution de soude naturelle trouvée dans les lacs salés) était coulé dans le crâne pour dissoudre les restes du cerveau, puis le crâne était vidé. Puis, ils coulaient une résine faîte de résines de conifères complétées de cire d'abeille et par des huiles végétales parfumées.
L'éviscération
Ensuite, avec une pierre éthiopienne aiguisée, ils fendent le flanc, font sortir tous les intestins de l'abdomen, le lavent avec du vin de palmier, le saupoudrent de parfums broyés et finalement le recousent après l'avoir rempli de myrrhe pure concassée, de cannelle et d'autres parfums, dont l'encens seul est exclu.
Hérodote, HISTOIRES, II, 86-87
Plus précisément, l'incision permettait de sortir les intestins et les divers organes : seul le cœur - siège de la pensée et des sentiments - restait ou était remis en place après momification. Parfois, cependant, il était remplacé par un scarabée. Les viscères étaient donc retirées, nettoyées puis placées en paquets. Ces paquets étaient alors, soit remis dans le corps, soit disposés dans quatre vases sacrés dont il sera question plus loin dans ce document : les canopes.
La déshydratation
Le corps était alors traité au natron. Les embaumeurs plaçaient à l'intérieur du tronc des linges contenants du natron et des substances aromatiques. Ce mélange de carbonate et de bicarbonate de soude possède des propriétés hygroscopiques et attire l'humidité des tissus.
Le processus de dessication était alors favorisé par le climat très sec de l'Égypte. Le corps était ainsi exposé au soleil. Ce traitement durait entre trente et quarante jours.
Après dissécation des tissus, les embaumeurs lavaient le corps et l'oignaient avec diverses huiles et résines, afin de rendre à la peau une certaine souplesse.
Le bandelettage
Cette opération commençait par la mise en place d'amulettes entourées de papyrus sur le corps du défunt, puis on bourrait les cavités abdominales et la cage thoracique à l'aide de tampons de lin imprégnés de résine, de sciure de bois ou même d'un lichen aromatique (momies des pharaons Si Ptah et Ramsès IV).
L'énucléation était souvent pratiquée et les yeux remplacés par des prothèses. Venait ensuite la pose des bandelettes, bandelettes également en lin. La pose commençait par les extrémités pour remonter vers la racine des membres. Le corps était emmailloté dans son intégralité avec souvent sept enveloppes d'étoffes successives. On entourait alors la momie d'un suaire et la plaçait dans un sarcophage.
Pour les gens moins fortunés, le procédé était beaucoup plus sommaire :
Pour ceux qui préfèrent l'embaumement moyen et veulent éviter de grandes dépenses, les embaumeurs font les préparatoires suivants. Après avoir rempli leur seringues d'huile de cèdre, ils injectent cette huile dans l'abdomen du mort, sans l'ouvrir, ni en retirer les entrailles, et ils ont soin de retenir le liquide de telle sort qu'il ne puisse s'échapper. Ensuite, ils plongent le corps dans du natron et l'y laissent le temps prescrit, puis ils font sortir des cavités l'huile de cèdre […] elle a assez de force pour tout emporter avec elle, intestins et viscères ; elle a tout liquéfié. Extérieurement le natron a desséché les chairs, il ne reste du mort que la peau et les os. Ces choses faites, ils le rendent en cet état.
Hérodote, HISTOIRES, II, 88
Il existait même un embaumement encore plus sommaire à l'usage de la classe pauvre :
Les embaumeurs font dans les intestins une injection de raifort et sèchent le corps dans le natron pendant les soixante-dix jours ; ensuite il le rendent pour qu'on l'emporte.
Hérodote, HISTOIRES, II, 89
On peut donc voir en suivant ce long procédé qu'il demandait un grand savoir-faire et une grande application de ses techniciens, les embaumeurs.

Son nom signifie:
" Née du dieu lune, la plus belle des femmes"
Fille du roi Séqénenrê Tao II, elle est une des figures féminines dominantes de l'histoire dee l'Égypte ancienne. Issue de la famille régnante qui libéra l'Égypte des envahisseurs Hyksos, elle prend la relève de deux autres reines célèbres: sa grand-mère Tétishery et sa mère Ahhotep Ire mais sa popularité dépassera la leur.
Elle épouse son frère Ahmosis et avec lui, fonde la XVIIIe dynastie qui marque le passage au Nouvel Empire, période prospère qui durera 500 ans. Le début de ce règne est marqué par la fin de la domination hyksos et par la réunification du Nord et du Sud de l'Égypte.
Le couple royal a plusieurs enfants dont un fils, le futur Amenhotep I. Principale épouse du pharaon, Ahmès-Nefertari est aussi sa proche conseillère.
Elle reçoit le titre de "Second Prophète d'Amon" qui n'avait jamais été attribué à une femme, même d'origine royale. En l'an 18 (ou 22) du règne d'Ahmosis, elle renonce à ce titre pour prendre celui de "Divine Épouse d'Amon" (Hemet netjer) qu'elle est la première à porter. En traduction littérale, "hemet" signifie "servante" mais doit être compris, ici, comme "épouse" et symbolise l'esprit féminin qui doit veiller aux vertus créatrices du dieu. Elle devient l'intermédiaire privilégiée auprès du dieu dynastique Amon. Cette nomination est assortie d'une dotation qui lui permet d'entretenir l'institution religieuse et économique qu'elle fonde. Ce domaine,attaché à sa fonction, comporte des terres mais aussi le personnel nécessaire pour l'administrer. Cette histoire nous est connue grâce aux débris d'une stèle qui furent découverts dans le troisième pylône du temple de Karnak et qui, après reconstitution, livrèrent ce récit.
A la mort de son époux, elle devient régente car son fils Amenhotep I, héritier du trône, est trop jeune pour régner.
La reine joue un rôle important dans différents domaines, en plus de son rôle religieux:
- elle a une action économique en prônant la remise en exploitation des carrières ( de calcaire à Memphis, d'albâtre près d'Assiout)
- elle participe probablement aux constructions religieuses d'Ahmosis : quand il décide la construction, à Abydos, d'un cénotaphe pour sa grand-mère, Tétishery, il explique sur une stèle, comment il demanda l'approbation des plans par Ahmès-Nefertari
- il est probable qu'elle ait collaboré avec son fils Amenhotep I et quelques prêtres, à la rédaction du "Rituel du culte divin journalier", qui définit les rites que le pharaon doit effectuer chaque jour lors de l'éveil du dieu, dans le naos du temple où, seul, il peut pénétrer
- toujours en collaboration avec son fils, elle décide de remettre de l'ordre dans les nécropoles des pharaons. Elle veut regrouper les tombeaux des futurs souverains défunts et son projet aboutira à l'aménagement de la "Vallée des Rois", surmontée par la montagne pyramidale. La réalisation de ce plan nécessita la création d'un groupe d'artisans, les "ouvriers de la Tombe", qui se regroupèrent dans le village de Deir el-Medineh. Il n'est pas étonnant qu'ils furent reconnaissants à la reine, inspiratrice du projet, et qu'ils la vénérèrent comme une divinité protectrice. On la voit sur de nombreuses stèles et dans les chapelles de nobles thébains, portée en procession (en compagnie de son fils), au cours de la "Belle Fête de la Vallée" . Lors de cette fête, la procession visitait les temples funéraires jubilaires des pharaons et s'arrêtait dans le temple funéraire d'Ahmès-Nefertari. Celui-ci se trouvait à Dra Abou 'l Naga, face à Karnak et devint un lieu de pèlerinage pendant toute l'époque ramesside. La statue de la reine, en bois recouvert de bitume et coiffée de hautes plumes, se trouvait dans le saint des saints. La souveraine y était représentée tenant les sceptres des pharaons: le fouet et le crochet. Une autre fête se déroulait aussi chaque année, les 14e et 15e jours du mois de Shemou: "la sortie fluviale d'Ahmès-Nefertari". Son effigie était placée sur sa barque funéraire et se rendait par voie d'eau, au temple de son fils Aménophis I. L'image de celui-ci, dans son palanquin, l'attendait devant le pylône, sur le quai. Cette cérémonie gratifiait les artisans de la nécropole de deux jours de congé.
De nombreuses représentations d'Ahmès-Nefertari la montrent avec la peau noire. On s'est demandé si elle n'était pas d'origine nubienne. La découverte de sa momie dans la cachette de Deir el-Bahari permit d'affirmer qu'elle avait la peau blanche. Pourquoi cette coloration noire ? Il faut se rappeler que dans la symbolique égyptienne, le noir représente la régénération par laquelle l'âme va pouvoir revivre dans l'au-delà. C'est aussi la couleur du dieu Anubis qui conduit les ressuscités dans l'au-delà. Loin d'être la couleur de la mort, le noir évoque les potentialités créatrices qui vont conduire à une nouvelle existence, à la résurrection
La momie de la reine confirme qu'elle vécut jusqu'à un âge avancé et effectivement, elle meurt au début du règne de Thoutmosis Ier (vers 1524 avant JC).
La découverte d'environ 70 scarabées à son nom, de nombreuses stèles sur lesquelles elle est représentée, de statuettes à son image, d' objets rituels qui lui sont dédiés, ainsi que sa présence dans une cinquantaine de scènes peintes dans des tombes... prouvent à suffisance le culte dont elle fut l'objet pendant de très longues années.
Source: http://perso.infonie.be/maatdebelgique/AhmesNefertari.html
La légende egyptienne raconte qu'à une époque, les hommes arrêtérent d'honnorer les dieux. Râ, mécontent, décida de les punir en envoyant son oeil sous la forme de la déesse vengeresse Sekhmet.
Durant plusieurs jours, la deesse dévora les hommes. Mais Râ décida que les hommes étaient assez punis, et rappela Sekhmet. Hors cette dernière était devenue insatiable, et elle échappa au contrôle de Râ et continua à dévorer les êtres humains. Râ élabora alors une stratégie pour arrêter Sekhmet: il fit couler une rivière de bière rouge dans le Nil. Sekhmet, pensant qu'il s'agissait de sang, se précipita et but la bière jusqu'à ce qu'elle s'effondre, completement ivre. Elle retourna ensuite auprés de Râ.

Cette légende est l'une de mes preferées de l'Egypte Antique!
